Lucas M. Athlète malgré le Diabète

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Édition Lille et environs

21 mai 2012

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Lucas M. athlète malgré le diabète

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Mercredi, au centre sportif de la Mitterie, rien ne distingue Lucas M., 11 ans, des autres tennismen. C’est une première victoire. Diabétique, il se dépense sans compter, tout en apprenant à gérer son énergie. Compétiteur dans l’âme, cet esprit curieux s’est forgé, du fait de la maladie, un caractère trempé, bien utile en match…

Lucas a le regard franc, souriant. Pas le genre à se plaindre ou à s’irriter. Pourtant, le jeune Lommois vit avec une maladie, a priori incurable, depuis sa naissance, il y a onze ans. Il s’agit d’un diabète de type 1, causé par une destruction du pancréas par ses propres défenses. Celui-ci ne produit plus d’insuline. « Ce n’est pas héréditaire et cela nécessite un traitement à vie (injections d’insuline), même s’il y a quelques avancées », précise la maman de Lucas.

« Au début, les autres parents croyaient que ça se guérissait, que Lucas mangeait trop de sucre… » Comme si l’enfant était coupable de sa maladie. En prendre conscience, réaliser qu’il n’en guérirait pas, fut déjà une souffrance. Le choc se produisit vers l’âge de 5 ans. « Pendant cinq à six ans, Lucas a suivi une thérapie chez un psychologue », résume Mme M.

« Je me sentais plus différent et plus fragile que maintenant, confie Lucas. Les copains se demandaient ce que je faisais quand je faisais ma dextro (mesure de la glycémie en se piquant le doigt), ils ne comprenaient pas. Ils pensaient qu’il ne fallait pas m’approcher. J’ai expliqué, ça a été un peu mieux. » C’était à l’école primaire et Lucas devait souvent user d’une aiguille. Notamment parce qu’il faisait déjà du sport, natation et basket-ball. Une innovation l’a soulagé. Il porte sur lui en permanence un capteur qui mesure la glycémie et une petite pompe qui injecte automatiquement de l’insuline. Le dispositif, implanté au terme d’une étude avec l’INSERM, « est le seul en France à être remboursé à 100 % par la CPAM », détaille Mme M.

« Frapper dans la balle »

S’il ne peut oublier la tubulure, Lucas apprécie le capteur, qui a réduit les « dextro » à trois par jour. Plus confiant et encore plus autonome, il joue au tennis sans plus penser à rien. Il s’est inscrit au club de Lomme il y a quatre ans. « J’aime frapper dans la balle, bouger, j’aime les compétitions », indique-t-il. « Il a beaucoup d’énergie, il a besoin de bouger, complète sa maman. Il a des hauts et des bas, quand il n’est pas bien, il vient taper la balle, et ça va mieux. » Lucas confirme qu’il est moralement difficile d’accepter d’être diabétique à vie. « Mais ça m’empêche à rien. » Et surtout pas de vivre un match à fond. « Des fois, il est tellement pris dans son jeu qu’il ne voit pas qu’il est en hypo ou en hyperglycémie », note sa maman.

Comme elle et son mari, très présents au bord du court, Alexandre, l’entraîneur de Lucas, connaît par coeur ses signes de faiblesse. « Les contraintes liées à la maladie font qu’il est irrégulier dans l’effort en cours de match. Une baisse de régime peut durer tout un set. Il faut qu’il soit plus gestionnaire de ses efforts. Au début, il avait tendance à tout donner pendant vingt minutes, puis à baisser. Mais ça va mieux. Le tennis est un tremplin pour bien gérer ses efforts. » S’il donne tout, c’est parce que Lucas a un tempérament de gagneur. « Il est plus combatif que d’autres jeunes ; du coup, il est très impliqué dans ce qu’il fait. » Classé 15/5, il a remporté le tournoi des Weppes, a été finaliste à Dunkerque et Bondues. Son objectif : « Gagner le maximum de matchs, pour être encore mieux classé. » Accrocheur, voire mauvais perdant, comme il le reconnaît lui-même, Lucas épate son entraîneur : « À force de faire des heures (six par semaine), ça se met en place techniquement.

Mais c’est au niveau mental que Lucas me surprend, dans sa maturité et sa mentalité. Au niveau du tennis, la maladie est devenue une force. Ça pèse pour 80 %, par rapport aux baisses de régime ; la balance est largement positive. »

Futur kiné ?

Matchs et entraînements permettent au jeune Lommois de se sentir plus serein, plus apaisé. En sixième au collège, à Lomme, Lucas M. a découvert que les relations étaient plus simples dans le secondaire. Il est d’ailleurs plein de reconnaissance pour ses amis, ses parents, sa famille, le club de tennis, son entraîneur, sa diabétologue, Mme C…

Dans la vie de Lucas, tout doit être en ordre, des glycémies aux résultats scolaires. Bon élève, il voulait être pompier. Le diabète le lui interdit, alors il rêve d’être kiné. Esprit très curieux, il affiche un côté entier : « Je veux tout savoir, je me mêle de tout… » Liée aux progrès médicaux, une question demeure en lui : « Est-ce qu’un jour je vais guérir ? » « Il reste un petit espoir », souffle Lucas, appuyé par sa maman, longtemps responsable à l’Association Diabolo : « Il ne faut pas dire jamais ».

La fête de l’Union Sport et Diabète a lieu au CREPS de Wattignies les 26, 27 et 28 mai.

www.usd.asso.fr

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